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ZAD du Testet – La fausse impuissance des nouveaux casques bleus. | L'Agence des Copains
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ZAD du Testet – La fausse impuissance des nouveaux casques bleus.

Depuis une semaine, l’accès à la ZAD du Testet est devenu difficile. De nombreux agriculteurs de la FDSEA (branche départementale de la FNSEA – Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), organisés en milices et armés de bâtons, barres à mine et autres battes de base-ball, bloquent totalement l’accès au site et empêchent quiconque d’y entrer ou d’en sortir.

Mercredi 4 février, une action de ravitaillement était prévue pour tenter de franchir le blocus imposé par les agriculteurs. Le rendez-vous était fixé à 14 heures à Gaillac, place de la Libération. Nous arrivons à Gaillac avec un peu de retard, vers 15 heures. Une amie présente au point de rendez-vous nous informe que l’accès à la place est bloqué par les CRS qui bouclent les lieux, empêchant de fait le départ du convoi. Un nouveau point de rendez-vous est fixé sur le parking du stade municipal de Gaillac, pour ceux qui parviendraient à franchir la barrière policière.

Nous sommes les premiers. Peu à peu, d’autres personnes arrivent. Déjà, un hélicoptère de gendarmerie nous survole. La confusion règne, comment réussir à effectuer le ravitaillement dans ces conditions? Pour l’instant la majorité choisit de patienter sur le parking le temps que d’autres rescapés arrivent. Certains choisissent néanmoins de partir de leur côté vers la ZAD, dans l’urgence.

Les premières rumeurs sur la situation des zadistes se font entendre. On parle d’agressions, de menaces de viol et de mort, de destructions de véhicules et de cabanes… La tension monte. Un camion orné d’un graffiti « Vivre libre ou mourir » arrive. Ses occupants racontent avoir tenté de se rendre sur la ZAD et avoir été agressés par des agriculteurs. Ambiance jets de pierre, insultes et marche arrière rapide.

Au bout d’une heure, la décision est prise de charger l’ensemble des victuailles dans une voiture de tête afin de limiter les risques. Le convoi composé d’une vingtaine de véhicules s’ébranle, nous sommes à l’arrière. Le cortège emprunte des petites routes sinueuses afin de se rendre au plus près de la ZAD, les autres voies d’accès étant bloquées par la gendarmerie.

 

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16 heures: la caravane s’arrête, bloquée par un cordon de gendarmerie. Nous sommes très proches de la ZAD, bien qu’elle ne soit pas à portée de vue. Devant nous, plusieurs unités de gendarmerie mobile coupent l’accès à la fois à la route et aux champs à proximité immédiate. Derrière eux, les agriculteurs sont là, la plupart habillés de treillis militaires, quelques uns cagoulés. Un bon nombre est armé.

Immédiatement après notre arrivée, certains agriculteurs tentent de contourner les lignes de gendarmerie, notamment par un bois jouxtant sur la droite la route sur laquelle nous nous trouvons. Du côté zadiste, certains crient aux gendarmes: « Arrêtez-les! », « Ils sont armés! » , « On est pacifistes ».

Arrivée du convoi et repositionnement des gendarmes.

Arrivée du convoi et repositionnement des gendarmes.

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Les milices de la FNSEA, encadrées par la gendarmerie.

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L’hélicoptère de gendarmerie, dès notre arrivée, est déjà présent.

L’attente commence, on observe les agriculteurs discuter avec les gendarmes. De notre côté, malgré certaines tentatives, le dialogue ne s’installe pas. Les gendarmes ne répondent ni aux questions, ni aux provocations. Seuls les officiers lâchent quelques mots mais se contentent, quand on leur demande un accès à la ZAD fusse-t-il sous escorte policière, de répondre « Non, nous avons des ordres. ».

Soudain, nous entendons du grabuge vers l’arrière de notre position, là où les voitures sont garées. Je me précipite. Au moment où j’arrive, deux 4×4 font une marche arrière rapide et désordonnée, poursuivie par plusieurs personnes armées de bâtons et pieds-de-biches. J’apprends que les agriculteurs ont tenté une attaque sur notre arrière mais ont été repoussés par certains zadistes décidés à ne pas se laisser faire. Trois agriculteurs et leur 4×4 sont restés sur place. Un attroupement se forme et la situation pourrait s’envenimer mais nombreux sont ceux qui tentent d’apaiser les choses par le dialogue. Discussion entre le directeur de la FDSEA et un homme âgé qui tente de lui expliquer que la lutte des zadistes et celle des paysans devraient se rejoindre. Pour lui la FNSEA, parce qu’elle favorise les très grandes exploitations et l’agriculture intensive qui en découle est une partie du problème et en aucun cas la solution.  L’agriculteur peine à répondre, visiblement très mal à l’aise de se retrouver seul contre tous, sous l’œil des nombreuses caméras venues rendre compte de l’évènement.

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A gauche, le président de la FDSEA Tarn.

Finalement, un cordon de Gendarmerie Mobile intervient pour permettre « l’extraction » des agriculteurs et de leur véhicule. La discussion est close, les agresseurs partent aussi vite qu’ils sont venus.

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Les deux agriculteurs « protégés » par les gendarmes mobiles

sans titre-10Alors que je reviens sur la « ligne de front », un évènement étrange se produit. Deux motos-cross font leur apparition dans le champ bordant la route. L’un des deux pilotes s’approche jusqu’à quelques mètres de la route puis ralentit, tourne en rond, nous observe. Le geste, provocateur, est d’abord pris avec incompréhension, voir stupéfaction. « Qu’est-ce qu’il fait? », « C’est qui lui? ».

Malheureusement pour l’homme en moto, qui manque visiblement de vigilance et ne surveille pas ses arrières, un militant s’est empressé de courir vers lui et lui saute littéralement sur le dos. Surpris, le motard accélère, tente de s’enfuir, mais finit par tomber, entraîné par l’homme sur son dos. Très rapidement, les gendarmes interviennent et séparent les deux opposants, pris dans un début de bagarre.

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Le motard venu provoquer les militants.

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Après la chute, les gendarmes interviennent.

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Le motard s’enfuit, sans être plus inquiété.

Enfin, la situation se stabilise. Les lignes ne bougent plus, les gendarmes restent sur leurs positions tandis que des deux côtés on se toise du regard. Toute la situation à un goût d’absurde, la FNSEA continue d’occuper le terrain et à faire un véritable siège à la ZAD sous l’œil complice des gendarmes qui, par leur non-intervention, se retrouvent à protéger les militants des débordements de violence des agriculteurs. La messe est dite, les milices sont tolérées quand elles vont dans le même sens que l’État.

Au bout d’un certain temps, des négociations se mettent en place entre un représentant du ministère et Patrick, militant tarnais qui s’est vu malgré lui donner par les évènements le rôle de porte-parole officieux du mouvement. Rapidement, le représentant du ministre reproche à Patrick de ne pas avoir tenu ses engagements. Selon lui, au moment du rassemblement place de la Libération, Patrick se serait engagé, en échange du transport par la municipalité du ravitaillement destiné aux zadistes, à ce qu’aucun militant ne soit présent aux abords de la zone. La version de Patrick est légèrement différente. Lui affirme qu’à la question « Vous engagez-vous à cela? », il aurait clairement répondu « Non, je ne peux pas m’engager pour les autres ».

Finalement, la discussion entre Patrick et le représentant du ministre se poursuit, derrière les lignes de gendarmes. Quelques minutes plus tard, le « négociateur » revient et annonce les résultats de la discussion.

De plus en plus absurde. Alors que toute la nourriture est sur place, elle doit maintenant être rapatriée vers la gare de Gaillac où elle sera chargée dans un camion de la municipalité puis conduite par un membre du conseil municipal jusqu’à la zone. Ce sera chose faite. Certains ne manquent pas de souligner avec humour la ressemblance avec les problématiques humanitaires de certains théâtres de guerre. L’État semble tout faire pour se tailler un rôle de pseudo-neutralité dans un conflit qui ne le concernerait pas – avec ses gendarmes pour casques-bleus – alors que la détérioration de la situation est clairement de sa responsabilité, pour avoir dès le commencement de la lutte du Testet, imposé un rapport de force déséquilibré et avoir coupé court à toute tentative de dialogue avec les opposants.

Plus tard, nous apprendrons que pendant le temps où nous patientions, bloqués par les gendarmes, de nouvelles exactions étaient commises sur la ZAD. Plusieurs cabanes détruites, tout le matériel radio des zadistes détruit, un groupe électrogène endommagé et l’arbre symbolique de la renaissance du Testet abattu. Les zadistes eux-mêmes ont été poursuivi pendant une bonne partie de la journée. Aucun blessé n’a encore été signalé, mais au rythme où vont les choses un nouveau drame au Testet est toujours envisageable.

En réaction à cette situation, les zadistes appellent à des actions décentralisées visant la FNSEA partout sur le territoire.

U. Aranceta, pour l’Agence des Copains

Comments ( 5 )

  1. / ReplyMappy
    merci, ça fait une semaine que j'attends d'avoir des infos un peu plus détaillées et un aperçu du ressenti sur place de la part de sympathisants extérieurs. Les infos provenant essentiellement des gens sur place ou des médias officiels, sous forme de brèves, un troisième point de vue , plus approfondi, est le bienvenu.
    • / ReplyAgence
      A ton service ;)
  2. / ReplyNicknamed
    Bonjour à tous ! courage, support et admiration face à la soldatesque des paramiltaires de la FNSEA supplétifs des GM's. Bientôt le tour de nos amis de Roybon. Ce soir, soirée jeux en soutien à ceux des Chambaran ! On lâche rien ! No passaran !
  3. / ReplyRobot anonyme
    Truc de ouf ton article !
  4. / Replyzadiste dans le rétro
    La bouffe n'a finalement pas été livrée : elle est restée à gaillac (à la gare puis sur la place de la mairie). A dix heures, le maire a avoué qu'il ne livrerait pas ce soir-là, et ne pouvait promettre de le faire le lendemain. Nous étions une vingtaine et avons chargé nos voitures, ne laissant dans le camion que quelques sacs de pommes de terre. La presse attribue au maire le mérite de la livraison, il n'en a rien été. L'expulsion du surlendemain était-elle déjà dans les tuyaux ? Ou bien est-ce que tout cela n'était que la volonté d'affamer les occupants en faisant avaler un simulacre d'opération humanitaire ? Ou bien les gendarmes ont-ils refusé d'appliquer les ordres ? Faites votre choix.

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