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Visite de la ZAD du Testet, vendredi 30 octobre : ambiance d’une expérience politique | L'Agence des Copains

Visite de la ZAD du Testet, vendredi 30 octobre : ambiance d’une expérience politique


Vendredi 30 octobre, on est passés avec quelques copains à la Zone A Défendre (ZAD, pour les intimes) du Testet, histoire de capter l’ambiance et de voir par nous-même ce qui s’y construisait.
Bien que ne m’y étant pas encore rendu, je m’étais déjà pas mal renseigné pendant la semaine précédente sur ce qui s’y jouait, notamment par le biais des médias (mention spéciale à Reporterre !) et surtout de Benoît et Lucie, qui ont participé aux événements du week-end précédent, lors desquels Rémi Fraisse a été tué par la police pendant des affrontements nocturnes.

Sur la route, nous entendons à la radio l’annonce de la suspension à durée indéfinie des travaux, le conseil général se déresponsabilisant et laissant l’initiative à l’État pour une éventuelle reprise du chantier. En gros, c’est fini, mais c’est pas fini. Elle est bien planquée cette ZAD, avant d’y arriver on se paume pendant une bonne heure. On finit par comprendre qu’on est sur la bonne voie en passant à côté d’un contrôle de gendarmerie sur la D999. Ils ne nous contrôlent pas. Quelques kilomètres plus loin, à l’entrée de la ZAD, deux jeun’s nous accueillent, sympas. Ils nous confirment qu’il y a de la place pour se garer, ils nous souhaitent bonne journée. Quelques virages et un petit slalom entre les barricades dressées pour ralentir d’éventuels flics et nous voilà arrivés sur le site même. Dans un grand champ, plusieurs dizaines de tentes sont dressées. Certains opposants au barrage occupent le terrain depuis maintenant un an. A droite et à gauche ça boit des bières, ça joue de la musique tranquillement. Tout ça ressemble au premier abord à un sympathique festival alternatif, la frivolité en moins. Car déjà on nous aborde pour causer politique. L’homme se présente comme maraîcher/philosophe. Très avenant, il nous présente son projet, un appel pour le 02 novembre (au moment où j’écris ces lignes, l’appel a d’ailleurs été suivi et la journée a apparemment été une grande réussite) à planter un arbre de paix en mémoire de Rémi Fraisse et à réfléchir à un nouveau contrat social, une refondation de la République. Maintenant c’est sûr, on est bien arrivés.

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Premier objectif pour nous, manger et déposer dans les réserves les quelques conserves que Benoît a amenées en ravitaillement. Et nous nous dirigeons vers la métairie, seul bâtiment en dur du site, orné de tags contestataires et de différents panneaux destinés à l’organisation des zadistes (approvisionnement, déplacements, infos utiles, etc…). La métairie fait office de cuisine/salle à manger/dortoir/cellier. A l’intérieur nous rencontrons une femme affairée à du rangement, elle tente d’organiser l’espace pour éviter un désordre qui, à l’entendre, a tendance à devenir chronique. Le temps que le sauté de dinde réchauffe sur le feu, nous tentons avec Benoît d’engager la conversation. « Alors, il se passe quoi en ce moment ? », « Les flics sont partis ? ». Réponses laconiques, visiblement elle n’a pas envie de perdre (encore?) son temps à expliquer la situation à des gens qui ne sont que de passage. Elle nous remercie quand même d’un beau sourire quand nous lui proposons notre aide pour son rangement. « Mangez d’abord, mais merci d’avoir demandé. ».

On partage le repas avec une jeune zadiste. Cette fois c’est plus cordial, on goûte le pain de la veille, très réussi. On discute tranquillement. La fille nous apprend que le rassemblement du 25 a été plutôt difficile pour les zadistes, elle évoque une pesanteur, une sensation de trop-plein. Je commence à comprendre le décalage qui peut exister entre les hommes et les femmes qui occupent le terrain et nous autres, qui nous intéressons au sujet de loin, par l’extérieur. Ce sentiment se confirme alors qu’on continue la discussion : « Et sinon vous faites quoi ? Étudiants ? », « Oui », « Ah ! Vous utilisez votre tête ! Pauvres de vous… Faut pas faire ça, moi ça fait longtemps que j’ai arrêté de réfléchir. ». L’action de terrain est ici au cœur de l’expérience autogestionnaire.


Une fois le repas terminé et après avoir nettoyé notre vaisselle, nous voilà partis vers l’autre bout de la ZAD, à « Gazad », le principal lieu d’affrontement avec les forces de police, où l’on nous a indiqué que beaucoup de choses se mettaient en place. L’endroit est éloigné du campement principal, à environ 20 minutes de marche. Au bout de 5 minutes, la raison d’être de l’occupation du terrain nous apparaît : de la prairie agréable sur laquelle le campement s’est construit, nous passons à un très vaste espace, anciennement forestier, duquel ne reste rien qu’un paysage quasi lunaire, où sur des centaines de mètres le sol n’est constitué que de terre sèche, recouverte de sciure et de copeaux de bois mort. Au milieu de cet espace, les zadistes ont replanté un grand arbre très jeune surnommé Sitelle, devant lequel un écriteau affirme « Nature is back ! ».

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DSC_0009Nous rejoignons une route qui longe la zone. Après quelques centaines de mètres, nous arrivons au niveau d’un portail fermant sur notre droite le passage vers un chemin menant à une maison de campagne, située un peu en hauteur. Au pied du portail, un panneau : « Cette maison est habitée depuis plus de 40 ans par Mme Maurel (76ans). Elle est partie en août dernier car elle avait peur de nous. On ne peut pas juger ça, on ne peut que l’accepter. Elle aimerait revenir un jour. Cette maison n’est pas abandonnée ! Par respect pour Mme Maurel et pour entretenir des rapports corrects avec les locaux, merci de ne pas entrer ici ! Respect & Autogestion. ».DSC_0014

Peu après, nous arrivons au niveau de la ligne de front mise en place par les zadistes sur les positions anciennement occupées par la police et où se trouvaient les différents équipements de chantier liés à la déforestation du site. La zone est constituée de trois emplacements distincts :

  • « Gazad » : le lieu des affrontements de la semaine passée, on y voit encore les traces des incendies qui se sont déclarés suite à l’utilisation des différentes grenades et feux d’artifices. Il s’agit d’une colline située sur la droite de la route rejoignant le campement principal d’où nous venons.DSC_0059

    Image des affrontements du 25 octobre

    • « Le Fort » : l’ancien dépôt d’équipements de chantier a été repris par les zadistes qui ont décidé de sa reconversion en place fortifiée. La disposition du lieu y est propice, une dalle de béton entourée de douves relativement profondes et larges. Encore en avant, plusieurs barricades impressionnantes bloquent totalement l’accès à la route. Sur un mur de tôle, un graffiti : « Califat Populaire Autogéré ». On le voit, on rigole.
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      Nous arrivons sur le chantier du fort alors que les zadistes terminent de monter un mur de planches sur la façade la plus exposée à l’arrivée des flics. Ici, nous discutons avec quelques travailleurs en pause clope. Ils ne croient plus à la reprise des travaux du barrage, pour eux ce combat est gagné. Il s’agit maintenant de réussir à conserver le terrain pour faire perdurer l’expérience politique, de la zone à défendre à la zone d’autonomie définitive.DSC_0027

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      Alors que nous discutons, un message radio se fait entendre sur le talkie-walkie d’un mec à côté de nous : « Dégagez la zone, essais catapulte imminents ». Catapulte ?! Vraiment ?!!
      Tout le monde tourne la tête et regarde sur la gauche vers :

    • « L’Altitude » : une grande butte de terre à une centaine de mètres sur la gauche du fort. Dessus, une trentaine de personnes s’affairent. De loin, on voit le premier essai de la catapulte, échec. Mais la tentative est belle ! Avec Benoît, on décide de monter y faire un tour. Là-haut, ça bosse dur, entre les réglages de la catapulte – plus conçue comme une arme dissuasive qu’efficace -, la mise au point d’un lance-pierre géant, la construction d’un mirador, il y a du boulot pour tout le monde.DSC_0030

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Retour au campement principal, on nous confie une note à transmettre à Radio Pirate, il est question de l’achat de matos informatique. Après quelques centaines de mètres, un camion s’arrête à notre niveau : « Vous allez à la métairie ? Montez ! ». On rentre, on se sert. La radio crache Ball And Biscuit des Whites Stripes, tout le monde hoche la tête en rythme. Le camion s’arrête encore pour récupérer les quelques piétons sur la route. Benoît demande la permission de photographier nos compagnons de route. Permission refusée, les deux filles qui nous accompagnent ne souhaitent pas être prises en photo. L’une d’entre elle se révèle par contre être une animatrice de Radio Pirate. Notre message a trouvé son destinataire. Arrivés à la métairie, nous remercions le chauffeur.

On aura constaté une belle effervescence, où tout un chacun apporte sa pierre à l’édifice qu’est la ZAD. Les allers-retours des camions de ravitaillement sont incessants, la radio pirate montée par les zadistes transmet les informations, les différents postes de travail sont reliés par radio, ici on s’attelle à la construction d’un four artisanal, là on se réunit pour construire une maison… La volonté de construire ensemble un nouveau monde semble être l’essence même de l’expérience politique du Testet, et c’est en cela que l’on peut comprendre l’usage de la violence, toute relative, utilisée face aux forces de l’ordre, considérées comme intrusives dans cet espace nouveau. Car après tout, quel mal y a t-il à tenter d’expérimenter, pour de vrai, la démocratie ? Comment accepter que l’on envoie des troupes militaro-policière à l’assaut de ces gens, qui quand on fait l’effort de leur parler, ne font montre d’aucune haine, mais simplement d’une colère légitime contre un État et un gouvernement qui démontrent chaque jour un peu plus leurs mépris profond de l’intérêt général?

Nous repartons finalement pour Toulouse, en attendant le rassemblement du lendemain, en mémoire de Rémi Fraisse. Sur la route nous croisons à nouveau les gendarmes. Cette fois, deux camions sont immobilisés. Ils appartiennent à des zadistes…

U. Aranceta pour l’Agence des Copains

Photos : B. Hakenholz pour l’Agence des Copains

N.B : le 4 novembre, la ministre de l’écologie Segolène Royal a affirmé la volonté gouvernementale de continuer la construction d’un ouvrage, même si le projet est à redéfinir. Elle a par ailleurs exigé « l’évacuation immédiate du terrain ».

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