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Mirail: trajectoire de lutte. | L'Agence des Copains

Mirail: trajectoire de lutte.

Nous publions ici le témoignage d’une étudiante ayant participé à l’occupation et aux blocages de l’université toulousaine Jean Jaurès (ex-Mirail) pendant le mois de novembre 2014. Cet article n’a bien évidemment pas vocation à la neutralité, mais à l’expression d’une expérience dans laquelle se retrouver, ou pas.

 


Jeudi 13 novembre:

une première assemblée générale a lieu à la faculté du Mirail, à Toulouse.

Le week-end suivant la mort de Rémi Fraisse une manif illégale à Toulouse s’était déroulée, plusieurs arrestations avaient eu lieu, dont certaines concernaient des étudiants du Mirail. A ce contexte, s’ajoutait la lutte contre le budget d’austérité présente depuis plusieurs années dans le milieu universitaire et enfin, la nouvelle problématique du partenariat public-privé avec notre cher Vinci, dont la conséquence était la construction de nouveaux bâtiments ressemblant à des prisons, bien trop petits, excentrés les uns des autres afin d’empêcher toute communication entre les étudiants.

Pour faire entendre ces revendications, l’Assemblée Générale étudiante décide d’une journée de blocage, la semaine suivante, le jeudi 20 novembre.

 


Lundi 17 novembre:

quelques jours après l’assemblée générale, on se retrouve avec quelques personnes mobilisées mais cette fois-ci on prend une décision en dehors de l’AG : l’occupation de la fac.

Pas besoin de la légitimité de l’AG pour faire ça, on ne voulait pas que la fac soit simplement bloquée, on voulait créer un lieu de communication avec les autres étudiants puisque nous avions conscience que nos revendications étaient trop vagues. Malgré cela pour moi tout était clair, revenant du Testet et ayant participé aux manifestations ayant suivi la mort de Rémi, je constatais que dès que le peuple s’opposait à un projet, toujours décidé par les mêmes minorités ayant soif de pouvoir et d’argent, l’Etat réprime.

Seulement, la communication reste primordiale, si nous n’allons pas vers ces étudiants, ils vont regarder la télé, lire les journaux et gober toutes les informations de merde qui sont d’ailleurs souvent diffusées par la même élite privilégiée. Pourtant nous vivons dans une société où l’accès à l’information n’a jamais été aussi important et c’est sans doute pour ça qu’il est facile de tomber dans le panneau et de se reposer sur ce qui est le plus accessible et qui nous empêche de réfléchir par nous même.

Pour cette raison, nous décidons de construire une petite cabane sur le patio central de la fac, on installe quelques tentes, des panneaux, des banderoles, on ne sait pas encore trop si on va y dormir mais visuellement ça permet de délimiter un petit lieu qui instaurera un dialogue. Influencés par le mouvement des ZAD, mais également pour se démarquer, on décide de créer un nom à ce lieu. Certains y avaient déjà réfléchi et proposent la « ZIC » : zone d’interpellation et de communication. J’aime bien la sonorité et évidemment la ressemblance avec ZAD même si je trouve ça un peu lourd et répétitif au niveau du sens, mais je ne veux pas imposer mon avis.


Mercredi 19 novembre:

on se retrouve à plus d’une centaine, pour le comité de mobilisation.

Demain la fac sera bloquée, il faut s’organiser. Après quelques heures d’échanges plutôt tumultueux, dans notre cher amphi 8, encore un peu triste à cette époque avec ces grands murs blancs, on se motive parce que ça commence à s’engueuler.

Ça faisait quatre ans que le Mirail n’avait pas été bloqué. La fac étant en travaux, beaucoup de préfabriqués, et notamment l’UFR de psycho, étaient complètement excentrés et le nouveau bâtiment des langues, bâtiment prestige de la fac, était pratiquement impossible à bloquer, à cause de ses nouvelles serrures électroniques. Ça commençait à faire beaucoup de contraintes.

On se lance quand même, on vide toutes les salles du bâtiment 18. Un bruit de grincement résonne dans toute la fac. Je frissonne. Demain la fac sera bloquée parce qu’on veut faire entendre notre colère, le cours normal des choses doit s’arrêter afin que l’on s’organise pour lutter.

Au foyer de géo, c’est la fête, musique à fond. Pendant ce temps on bloque toutes les entrées des bâtiments, ça va très vite, on est nombreux, les mecs de la sécu nous regardent. C’est bizarre, j’me demande ce qu’ils pensent de tout ça.

Suite au blocage, certains ressentent le besoin de se retrouver pour discuter à plusieurs dans une salle au calme, d’autres se mettent à construire, certains embellissent la fac, d’autres jouent de la musique. Je me souviendrais toujours de cette première soirée, pleine d’espoir. J’suis bien dans ma tête.


Jeudi 20 novembre:

Dormi trois heures dans une des salles de la fac. Levée sept heures. On s’active, on bloque les derniers bâtiments.

Les premiers étudiants arrivent, certains sont déjà au courant et ont pris le temps de se retrouver sur une page Facebook intitulée « Contre le blocus de l’université Jean Jaures ». Ils commencent à nous huer. D’autres sont rentrés chez eux, d’autres viennent et s’intéressent. Le restaurant universitaire et la bibliothèque sont aussi en grève.

Je ne compte même plus combien d’étudiants j’ai abordé afin de leur expliquer pourquoi ils ne pouvaient pas aller en cours, j’aime bien même si je me retrouve rapidement à répéter la même chose : « Les facs n’ont plus de moyens, les TD sont surchargés, certains sont même supprimés. On parle de tirage au sort dès l’année prochaine dû à un effectif d’étudiants qui augmente et de profs qui diminue. Certaines facs sont déjà touchées, la privatisation commence avec la construction des bâtiment par VINCI dont le budget est énorme (12 million d’euros par an pendant trente ans), puis dans quelques années ça sera l’entrée à la fac qu’il faudra payer ».

Je donne aussi souvent comme exemple le RU du Mirail – déjà il est moche, ça c’est mon point de vue – mais il est surtout beaucoup trop petit par rapport au nombre d’étudiants qu’il y a la fac, il suffit juste de constater qu’à Paul Sab il y a trois RU pour 30 000 étudiants et qu’au Mirail un seul RU sert 23 000 étudiants.

Je parle aussi du nouveau nom donné à la fac. Le Mirail ne s’appelle en effet plus le Mirail, mais Jean Jaurès. Pourquoi ? Pour se détacher de l’image du quartier populaire qui prêtait son nom à la fac. A mon sens, c’est une belle représentation de ce qui se passe dans la société. Il sera plus facile d’oublier ces gens qui peuplent les cités, qui subissent la violence et la pauvreté tous les jours, si on oublie jusqu’au nom de leur quartier.

Ensuite, et c’est là le plus difficile mais également ce qui m’intéresse le plus, je tente de faire le lien avec le barrage de Sivens et les violences policières. J’explique : « le budget des facs et de la recherche a été amputé de 136 millions d’euros, par contre l’argent pour faire un barrage inutile, un désastre écologique qui coûte 8 millions d’euros, on le trouve. 600 millions d’euros pour un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, on le trouve et c’est la même chose pour tant d’autres projets d’intérêts privés inutiles ». Bon là évidemment on me dit toujours que c’est facile de faire un tel rapprochement, que l’argent de l’état ne se trouve pas dans la même caisse, pour moi que se soit le gouvernement ou Vinci, ça reste similairement la même chose, on se fout de nous.

Enfin, les violences policières permettent de faire le lien entre toutes ces revendications, les chiens de gardes répriment, mutilent et assassinent le peuple afin de le faire taire.

J’ai beaucoup aimé discuter avec certaines personnes, quelques unes m’ont dit qu’elles viendraient à l’AG et globalement la communication n’a pas été trop laborieuse. Au niveau des piquets de grève c’est plus dur, là on se fait insulter par des étudiants. Le président de la fac, Minovez, intervient devant le bâtiment des langues (accessoirement mon bâtiment) pour rassurer le reste des étudiants que les cours vont bientôt reprendre et se fait applaudir. En effet, peu de temps après quelques mecs de la sécu enlèvent les tables et les chaises. Nous ne sommes pas assez nombreux à cet endroit et ils parviennent très rapidement à rendre le bâtiment accessible. À ce moment je tente de prendre la parole en prenant de la hauteur « venez pas vous plaindre quand vous pourrez même plus aller à la fac parce que c’est trop cher », j’ai presque eu envie de déclencher l’alarme incendie mais bon…

Ce jour là, l’assemblée générale a duré quatre heures, l’amphi 8 était rempli (1500 étudiants environ). En bas, les étudiants en grève, en haut les anti-bloqueurs qui en partant ont laissé leurs déchets. L’amphi était déjà plus sympa qu’au début de notre mobilisation, on commençait à y voir quelques tags.

On tente de proposer un ordre du jour mais rien n’est respecté, la moitié des étudiants étant là pour voter contre le blocage, ils ont pourri l’AG. Heureusement que certains font des interventions qui réchauffent un peu le cœur ou qui nous réconfortent dans notre indignation.

Globalement l’AG était chiante, remplie de ceux que je considère comme des réactionnaires, présents pour dire qu’ils sont d’accord avec les revendications mais pas avec les moyens d’actions… Si on est au moins d’accord sur les revendications, on a qu’à s’organiser pour lutter ensemble. Ah ! Non ! C’est vrai que vous êtes jamais là en fait… De toutes façons, est ce que j’ai vraiment envie de lutter avec des gens qui votent contre une motion de soutien à Michael Brown (afro-américain de 18 ans tué de six coups de feu par un flic blanc à Ferguson, Etats-Unis) ?

Au moment des votes, la situation est plutôt tendue, la poursuite du blocage permanent ne passe pas mais une proposition est soumise : bloquer uniquement les jours de mobilisation. Ça passe, et le prochain jour est fixé au mardi 25 novembre.

A la fin de l’AG on part tous en manif. Celle-ci se passe plutôt « bien », malgré que nous soyons peu nombreux et que le parcours soit un peu trop court à mon goût. Un slogan se détache des autres : « Au Mirail, à Paul Sab, à l’Arsenal, à l’IEP, au Testet, dans les quartiers… Qui sème la misère, récolte la colère ! »

Le soir, la fac est débloquée mais l’occupation continue. Les tentes s’ajoutent, on occupe l’amphi 8… L’ambiance est tout de même à la fête après une dure journée, on veut se détendre, il fait encore assez bon pour avoir le courage de dormir en tente et de faire les cons dehors. C’est cool.

Le week-end, c’est encore mieux. On se retrouve entre nous, des liens se font, on cuisine ensemble grâce aux récups de fin de marchés, on joue de la musique, on partage nos savoirs, c’est agréable. Il se passe quelque chose humainement, et c’est fort. Ce mouvement n’est pas seulement étudiant, des zadistes viennent, des gens d’ailleurs.. Je n’ai jamais autant passé de temps à la fac, j’ai l’impression de ne plus en sortir que pour aller en manif, j’essaie de continuer à aller en cours mais ça devient vraiment de plus en plus dur pour moi de mélanger tout ça.

La ZIC commençait à s’émanciper et le besoin d’écrire un communiqué sur les revendications propres à l’occupation de la fac se faisait ressentir. Rapidement ce fût chose faite : « Si nous occupons le campus c’est parce que nous aspirons à une réappropriation de l’Université. C’est-à-dire que, bien au-delà des cours auxquels nous pouvons assister, nous y mangeons, nous y dormons, nous y discutons, nous y élaborons des réflexions, nous y organisons une vie collective et y expérimentons l’auto-gestion. ». Ça me plaisait Je retrouvais dans ces phrases ce que j’avais ressenti au Testet même si nous expérimentions à bien plus petite échelle.

Ça me faisait du bien de vivre ainsi, j’ai appris bien plus sur moi-même en un mois de lutte qu’en trois mois de cours, sur l’autogestion, sur la débrouille, sur ce qui est la base de notre existence en fait, qu’on a pu oublier parce que l’on vit dans un monde où tout est déjà fabriqué, où tout se fait dans l’excès et la rapidité..

Mais vivre en collectivité c’est aussi beaucoup de problèmes qui se soulèvent, qui impliquent des réunions interminables et beaucoup de prises de tête. La fac était devenue notre lieu de vie mais ce n’était était pas comme dans les ZAD, on était en ville. Parfois des personnes extérieures à la lutte venaient, certaines dangereuses pour notre sécurité à tous. Dans ces moments là on se pose beaucoup des questions, on ne veut pas de flics alors on règle tout ça entre nous mais il faut alors se mettre d’accord et c’est franchement pas facile.


Lundi 24 novembre:

veille du deuxième jour de blocage.

Alors que la répression policière continue son cours lors des manifestations non-autorisées à Toulouse, au Mirail c’est la sécurité qui veut nous empêcher de bloquer. Ça gueule, ça aboie dans tout les sens et il y a même un hélico qui tourne au dessus de la fac. Ça aboie parce que les maîtres chiens sont là avec leurs chiens et nous intimident, la situation est vraiment tendue et j’ai peur que le blocage ne parvienne pas à avoir lieu.

Finalement, après des heures de négociation avec les vigiles, on réussit à bloquer, et même plus efficacement que la semaine dernière. Cette fois nous sommes plus nombreux.

Dans le même temps, la fac s’embellit, des tags, des cabanes (même dans les arbres), des panneaux, des banderoles… Moi, quand des gens se réapproprient des lieux ça me plaît. Les capitalistes le font dans la rue avec leur panneaux publicitaires et leurs barres d’immeubles qui ne ressemblent à rien, alors pourquoi pas nous? J’ai de la peinture sur tous mes doigts, et je ne peux pas me nettoyer parce que la fac a enlevé le PQ et le savon des toilettes pour éviter qu’on squatte. Les cons.


Mardi 25 novembre:

lever 7h, blocage.

Cette fois-ci je n’ai pas envie d’aller au piquet de grève tenu devant mon bâtiment, j’en ai marre d’être stigmatisée comme l’étudiante bloqueuse de ma promo. Je décide plutôt d’aller devant l’ancien RU et, situation assez comique, il faut toujours que je me trouve à l’endroit où Minovez décide de faire son discours. Ça ne change pas beaucoup, il dit encore qu’il va faire en sorte que l’on se casse même si dans ses communiqués il appelle à « un mouvement massif face à l’austérité budgétaire » mais bon il sait sans doute que les étudiants mobilisés ne le sont pas tous pour cette raison…

A la fin de son discours un étudiant gréviste prend la parole dans un mégaphone et rappelle une fois de plus l’ensemble des revendications et appelle les autres étudiants à nous rejoindre. Au même moment la sécu arrive et tente d’enlever les tables et les chaises qui font barrage. Pour résister, on décide de faire une chaîne humaine. C’est assez violent, de notre côté on résiste passivement, certains s’accrochent aux matériaux tandis que je me prends un coup, j’essaie de capter le regard d’un gars de la sécu et je lui dis à voix basse « fais semblant ». Il arrête alors de me pousser et fait de grands gestes pour faire croire à de l’agitation.

Je suis assez partagée quant au boulot des vigiles de la fac. Parfois on se marre, ils viennent parler avec nous, je crois qu’en un sens ils nous comprennent. Pour eux aussi c’est la galère et c’est sans doute pour ça qu’un de ces gars a décidé de ne pas me pousser cette fois là. Cela dit, parfois leur boulot se rapproche de celui des flics…

La tension dure un moment mais on réussit à tenir, un des profs qui nous soutiennent crie « ne touchez pas aux étudiants ! ». Finalement les vigiles arrêtent parce que le rapport de force penche en notre faveur.

En face, c’est désolant, les autres étudiants nous filment et se marrent, sans doute les mêmes qui avaient applaudi Minovez juste avant. Ça m’a fait de la peine, parce que ce jour là je n’ai pas réussi à discuter avec eux comme lors du dernier blocage, j’en avais plus l’envie…

Cette fois, l’AG dure cinq heures, je m’endors un moment, épuisée. Le passage aux votes me réveille. C’est insupportable, il fait très chaud dans l’amphi et les anti-bloqueurs hurlent dès que quelqu’un fait une intervention favorable au blocage ou s’exprime pour essayer de les raisonner. Avec quelques amis on veut rigoler un peu, on fait en sorte de gâcher les interventions de ceux qui disent des trucs du genre « au lieu de nous faire chier à bloquer la fac, allez manifester ». Certains tentent de répondre « mais ducon t’as qu’à venir en manif avec nous entre les lacrymos et les coups de matraque ». Quant à moi j’aime bien crier « MAIS LAISSEZ LE PARLER ! » on entend plus ce que l’intervenant dit mais il croit qu’on est avec lui, ça m’fait marrer.

Finalement le vote se joue à quelques voix près, tout le monde participe au comptage des mains levées, même celui qu’on appelle « Monsieur page facebook » (le créateur de la page contre le blocus). Résultat : le blocage est reconduit à la journée du jeudi 27 novembre, on applaudit. Dans l’amphi un tag me fait rire « tu l’as mauvaise Minovez » pour moi, ça restera un des slogans ayant marqué ce mouvement.

Il y a de plus en plus de monde sur l’occupation, des groupes de musique viennent jouer à la fac, on organise alors des soirées de soutien aux inculpés, des concerts dans l’amphi 8, des sound system dans l’AR005, on met en place des tireuses dans l’arche (on vendait la bière à 1€50), on arrive à réunir entre 500 et 800 personnes, c’est la grosse ambiance !

Dans les moments d’euphorie et de festivité, c’est réconfortant de se retrouver entre militants, c’est pas facile de lutter, on se sent souvent seul face à l’ignorance des autres. On boit quelques bières, on se prend dans les bras, une amie me dit « regarde tout ce monde, tu sens quelque chose de fort là ? On fait la fête mais on est tous conscient des raisons qui nous ont réuni ici », je frissonne..

L’occupation est vivante parce qu’on la fait vivre. Chaque début de semaine un programme est rédigé, des ateliers sont proposés dans différents lieux de l’occupation (le tipi, le foyer de géographie, l’amphi 8) : discussion autour des auto médias, discussion sur la violence, discussion sur le blocage de la fac, projections des films Ne vivons plus comme des esclaves avec l’intervention du réalisateur Yannis Youlountas, Specism de Michael Shermeret bien d’autres, des ateliers aussi, initiation à la permaculture, désobéissance civile, clown, création d’un four à pain, customisation de fringue, cuisine bio… Sont également mis en place des cours alternatifs avec des profs de philo, d’histoire, etc…

Pour la première fois depuis le début de mes études j’assiste à des cours qui n’ont rien à voir avec mon cursus. Ça change, ça ouvre l’esprit, et on en fait profiter à tout le monde.


Mercredi 26 novembre:

veille de blocage.

Il est 17h et Minovez prend la décision d’arrêter les cours pour cette journée, les étudiants sortent des bâtiments, il veut empêcher le blocage, on ne comprend pas trop comment il compte s’y prendre… On décide de se retrouver dans une salle, je tourne un moment dans la fac pour chercher les copains et leur dire qu’on commence une réunion. J’arrive, trois personnes de la Fédération Syndicale Unitaire 31 veulent prendre la parole, ils ont peur de nous déranger mais ont un truc important à nous dire « le président de la fac vient de faire un communiqué, demain les cours seront banalisés ». Grosse confusion, à quoi il joue ? « mais du coup il va se passer quoi à la fac ? », « il y aura des AG par UFR le matin et un AG de synthèse à midi trente», l’avantage c’est que ça nous permettra d’avoir une discussion collective par filière, à propos des problèmes que nous traversons, mais une AG appelée par le président veut dire que seront présents les étudiants qui applaudissent Minovez quand il fait des interventions, les mêmes étudiants qui veulent absolument que les cours reprennent, les mêmes étudiants qui veulent renvoyer les problèmes actuels au lendemain, une fois que ce sera trop tard…

Les membres du FSU 31 s’en vont pour que l’on puisse commencer la réunion entre nous, on décide de se déplacer dans l’amphi 8 pour avoir plus de place. Le comité de mobilisation commence, on est tous un peu perturbés, on ne s’attendait pas à ça.

On se met quand même d’accord pour la journée du lendemain: dés 8h on se placera à l’entrée de la fac et on annoncera aux étudiants qu’il n’y a pas cours mais qu’ils sont invités à participer aux AG par UFR et à celle de midi trente ainsi qu’à tous les ateliers que nous leur proposons chaque jour.


Jeudi 27 novembre:

journée banalisée, cette fois-ci les étudiants commencent à vraiment prendre au sérieux l’ampleur du mouvement.

À 10h les AG par UFR commencent, je vais à celle des langues (puisque il s’agit de mon UFR). Les étudiants en langue se trouvent dans le fameux bâtiment excentré, la plupart n’ont même pas réalisé qu’il y avait un mouvement à la fac, ils s’en fichent. Ça me porte un peu peine.

Je fais la connaissance du directeur de mon UFR, il s’avère qu’il participe à la mobilisation et dénonce gravement les problèmes budgétaires de la fac, il est assez embêté que juste derrière lui figure un gros tag « flic suicidé = à moitié pardonné ». Il nous confie être dérangé de lire cela, contrairement à une autre inscription revendiquant « retrait du CPE » à laquelle il semble être plus favorable.

Je le trouve sympathique, il fait même remarquer aux étudiants que le blocage n’est pas à l’ordre du jour de cette AG. Malheureusement comme tout bon ordre du jour qui se respecte, il est aussitôt enfreint et certains en profitent « regardez ces tags, regardez la violence, le saccage, il ne faut pas laisser faire ça, quand est ce que les cours reprennent ?! ».

Un chercheur fait une longue intervention portant sur le budget, il utilise des chiffres et des pourcentages, très intéressant même si j’avais déjà oublié tout ces chiffres la seconde d’après… Globalement l’AG était inutile, on peut résumer ce qui s’y est dit par « on est dans la merde, maintenant on fait quoi ? Ah, y a cours demain, c’est plus important. »

Elle restait tout de même différente et intéressante par la présence de certains enseignants qui ont pu parler de la précarité des vacataires, du nombre grandissant d’étudiants démissionnaires par manque de motivation, des partiels sous forme de QCM qui ne permettent pas de développer une réflexion personnelle. Tout ces problèmes ont été traités, ce qui je pense a pu toucher certains étudiants, c’est déjà ça…

A midi trente, AG de synthèse. Cette fois-ci je n’y participe pas, j’en ai assez des réunions et des AG interminables, d’autant plus que ce jour là une compagnie est venu faire un spectacle de clown en introduction à un concert sur le patio central du campus. On se croirait en festival, ça danse, ça rigole, certains font de la slackline pendant que d’autres sont perchés dans les arbres, il fait bon vivre.


Mardi 2 décembre:

deuxième journée banalisée, plutôt un échec, la fac est presque déserte.

Le déroulement de la journée est assez similaire à celle du jeudi précédent : AG d’UFR le matin et à midi AG de synthèse.

Etant donné que nous sommes moins nombreux à l’AG de mon UFR, je décide de faire partie de la tribune et pour la première fois je prends la parole : « Dans une semaine, le conseil d’administration se réunit pour voter le budget de la fac, puisque l’on est tous conscient qu’il est insuffisant je propose qu’on empêche que ce vote ait lieu », le directeur de l’UFR appuie mon intervention, je suis assez agréablement surprise.

Juste après, un gars de l’UNEF explique pourquoi il important de mener cette action. Cette fois, je me sens un peu mal à l’aise… je m’imagine prendre le micro pour préciser: « Par contre j’suis pas à l’UNEF moi hein ».

Des enseignantes ne sont pas contentes, elles voudraient que les cours reprennent, elles veulent que l’on soumette au vote l’arrêt des journées banalisées, la plupart des étudiants applaudissent leurs interventions : « Il y a des gens qui sont passionnés par leurs études, oui ça existe encore ! », ça m’énerve… Je reprends la parole « Vous voulez cassez le mouvement en fait ? Vous êtes venus là pour ça ? Alors que depuis 10h du matin on dénonce tous les problèmes liés aux universités ! ». Je me suis un peu emportée, j’avais pas vraiment le droit de faire ça à la tribune même si personne ne me l’a fait remarquer…

Un anti bloqueur, intervient, il pense avoir trouvé la solution « Je propose qu’il y ait des votes électroniques sur l’ENT afin que tous les étudiants puissent voter et choisir les moyens d’action ». C’est pas la première fois que j’entends ça, ça circulait sur Facebook notamment. Quelle idée à la con… Depuis quand ceux qui sont derrière leur écran d’ordi peuvent décider des moyens d’action d’une lutte de terrain ?

A midi trente, AG de synthèse, assez similaire aux AG étudiantes habituelles, amphi rempli, tension palpable sauf que cette fois-ci, fait assez étrange, le blocus n’est pas soumis aux votes. Je m’efforce à ne pas déserter l’AG même si l’envie en est forte. Je n’y vois plus trop d’utilité, je suis déjà convaincue et c’est pas avec plus de 1000 personnes qu’on va pouvoir prendre de réelles décisions.


Vendredi 5 décembre:

aujourd’hui une mauvaise nouvelle nous tombe dessus.

Le président de la fac porte plainte contre « les occupants sans titre de l’université Toulouse II – Jean Jaurès », le dossier fait une vingtaine de pages et comporte toute une description du lieu avec le nombre de tentes et de cabanes, les tags, et jusqu’aux activités que l’on mène à la fac, tout y est confondu, il y a les tracts du comité de mobilisation ainsi que le communiqué de la ZIC.

Je tourne les pages et y trouve des informations assez précises sur la provenance de certains, la présence de chiens, diverses photos du campus. À ce moment je me dis que des membres des renseignements ou des infiltrés sont forcément venus faire un petit tour sur l’occupation. C’était en fait une évidence mais quand on le réalise vraiment, ça fait tout drôle.

Nous sommes accusés de « troubles à l’ordre public » et nous devrons comparaître devant le tribunal administratif le lundi suivant.

Alors que l’expulsion nous pend au nez, nous nous réunissons au foyer de la ZIC. Pendant que quelques copains décident de rencontrer le vice-président délégué à la vie universitaire, M. Mange, d’autres s’occupent d’appeler l’avocat des zadistes. D’autres encore se lancent dans la rédaction d’un communiqué « Malgré la menace d’expulsion pesant désormais sur nous, nous affirmons notre détermination à poursuivre cette occupation légitime et fructueuse ! Nous appelons à TOUS LES SOUTIENS POSSIBLES, à partir d’aujourd’hui et pour tous les jours à venir. Rejoignez-nous ! Échangeons ! Créons ! Résistons ! ». Il est évident que nous ne voulions pas quitter les lieux.

Ce même jour, la présidence a pris l’initiative de mettre en place un vote électronique sur l’ENT concernant la banalisation et le blocage de la fac. Au moins, c’est clair, lui qui disait être prêt à témoigner en faveur de l’étudiant du Mirail arrêté lors de la manif du 1er novembre, lui qui disait que le mouvement n’était qu’une conséquence logique de ce que nous traversons, nous savons maintenant ce qu’il en réellement. En tout cas, nous, on votera pas.

Le soir même, une soirée était organisée, après une journée remplie de mauvaises nouvelles, ça fait du bien. De plus en plus de monde vient, un ami extérieur à la fac est impressionné « putain c’est beau de voir la fac vivante comme ça ! ».


Lundi 8 décembre:

suite à la plainte que le président a posé contre nous, nous décidions de faire une action : occuper le château (bâtiment administratif de la fac, situé à gauche du campus) pendant quelques heures.

Pendant ce temps, notre procès avait lieu au tribunal administratif et seul notre avocat et quelques étudiants s’y étaient rendus. L’action au château avait pour but de s’entretenir avec l’administration, nous voulions montrer qu’on était bien plus nombreux qu’une simple « vingtaine d’occupants » et que s’ils décidaient de nous virer, c’était le château que nous allions occuper.

C’est à une quarantaine que nous sommes arrivés avec matelas, gamelles de bouffe, cafetière, linge à accrocher, jeux de cartes et instruments, les clowns étaient présents.

Nous ressemblions à des enfants, pour la plupart c’était la première fois que l’on rentrait dans ce château, grandes salles, miroirs, parquet au sol, cheminées, c’était pas vraiment dans nos habitudes, nous qui squattions des salles de cours. Les personnes travaillant dans l’administration ont eu peur de nous, « Mais on est pas des casseurs ! » leur disaient-on. Le chef de la sécurité est arrivé immédiatement après :« Oh non ! Là vous dépassez les limites ! Vous allez pas vous installer ici ! » « Ben pourquoi pas monsieur, on sait plus où aller maintenant qu’on veut nous expulser… ». Une discussion commence avec cet homme dans un des couloirs, pendant que d’autres affichent le communiqué écrit par les occupants à destination de la présidence, ça commence à sentir la soupe en bas, une gamelle vient d’être apportée, dans un bureau certains débutent une partie d’échec.

Petit à petit un décalage se crée entre ce lieu et ce que nous dégageons par notre présence, nous sommes des clowns, des casseurs, des hippies, des zadistes, des étudiants, des totos, des appelistes, des anarchistes, nous n’avons rien à faire là et pourtant nous y sommes, et plutôt bien installés !

Vers 17h, on nettoie tout et on se barre.


Mardi 9 Décembre:

le conseil d’administration se réunit pour voter le budget de la fac.

À la dernière assemblée générale, il avait été décidé lors d’un vote de bloquer ce conseil d’administration, nous arrivons à une cinquantaine vers neuf heures. Les portes sont ouvertes, viennoiseries, thés et cafés sont disposés à l’intérieur.

En réalité notre accueil n’est pas si chaleureux que ça, bien qu’on tente d’expliquer notre présence, Minovez n’est pas très content et nous traite d’ « anarchistes durs ».

Certains sont cagoulés à cause de la présence des caméras,et ça ne lui plaît pas. Le président ne s’adresse qu’à eux, dénonçant une lâcheté de leur part. Moi je nous trouve plutôt courageux de nous lever à 8h du mat pour dénoncer un budget insuffisant. Si ce n’est pas l’année prochaine, ça sera dans deux ans que la fac sera déficitaire, le président le disait lui même mais on dirait qu’il l’a complètement oublié…

Il s’acharne sur nous « vous ne représentez qu’une minorité des étudiants, même pire vous êtes marginaux ! ». Voilà de quoi l’on se fait traiter quand on essaye de prendre réellement au sérieux les questions de notre avenir.

Ce n’est pas uniquement à lui que j’en veux, mais c’est à tous ceux qui nous répriment dès lors qu’ils nous voient nous rebeller. Il ne répond pas à nos questions, c’est comme s’il n’avait plus conscience du problème de départ, de nos revendications, il retourne la situation et nous accuse de n’apporter que le chaos à l’université ; un réactionnaire, voilà ce que c’est, voilà ce qu’ils sont tous.

Il parle de tous les dégâts causés dans la fac pendant la lutte. J’ai entendu dire ici et là que repeindre tous les tags allait coûter cher, le bâtiment 18 (celui de philosophie) est effectivement entièrement tagué, pourtant ce même bâtiment va être détruit avant la fin de l’année pour être remplacé par une espèce de structure ressemblant à un centre commercial avec salle de sport, boulodrome, le nombre des salles de cours vont également être réduites de moitié. Voilà dans quoi l’argent part…

Ce même jour, une nouvelle salle de cours est occupée, les formes d’occupation sont assez diverses, il n’y a pas que la ZIC, plus visible que les autres avec sa cabane et ses tentes sur le patio, il y a aussi une salle dans le bâtiment 18 qu’on appelle « district 18 » et un autre dans le bâtiment 13 (bâtiment de sociologie) appelée « banlieue 13 », rien de très sérieux dans ces désignations, il s’agit surtout de distinguer les différents lieux de lutte, certains étant plus propices à l’écriture, d’autres aux réunions ou aux préparations d’actions diverses. Certains sont plus influencés par le mouvement des ZAD alors que d’autres se concentrent sur des projets qui peuvent s’effectuer dans la métropole toulousaine.


Jeudi 11 décembre:

journée de grève nationale dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Les résultats des votes sur l’ENT tombe dans la semaine, les journées banalisées sont remplacées par des journées sans appel et une grande majorité des étudiants ont voté contre le blocage. Cela étant, 800 personnes ont voté favorablement au blocage alors que les étudiants en grève avaient appelés à boycotter le vote. Pendant la journée de grève, certains cours avaient tout de même lieu au Mirail alors que la journée était banalisée dans la fac scientifique de Toulouse (Paul Sabatier).

Rendez-vous à 14h au capitole pour manifester contre l’austérité budgétaire, le cortège est bien plus long et impressionnant que lors des précédentes manifestations étudiantes du jeudi après-midi. Nous sommes environ 2000 et toutes les écoles sont représentées par différents cortèges :l’Arsenal (droit), Le Mirail, Paul Sabatier, l’IEP (Institut d’études politiques de Toulouse), l’IUP Arts Appliqués Couleur, Image, Design de Montauban (école rattachée au Mirail), l’ESAV (École supérieure d’audiovisuel) ainsi que d’autres organisations comme le CIP-MP (Coordination des Intermittents et Précaires Midi-Pyrénées).

Outre le fait d’avoir du soutien et une convergence entre les diverses écoles de Toulouse, on assiste à un soutien intergénérationnel qui donne un souffle plus large à la mobilisation. Lors de cette manifestation, le commissariat de François Verdier fût repeint, il était important de ne pas oublier que ce mouvement avait pris ses racines suite aux violences policières et faisait écho aux manifestations contre les violences étatiques et en soutien aux ZAD.

Le week-end qui suivit fût difficile au Mirail, une tension et un stress ambiant se faisaient sentir en appréhension à la potentielle expulsion qui devait avoir lieu.

Minovez dans Direct Matin (journal distribué dans le métro toulousain) annonçait une expulsion dans les cinq jours suivants, ce qui aurait correspondu au week-end du 13 décembre. Suite aux différents appels qui avaient été lancés pour rejoindre l’occupation, nous étions nombreux et déterminés à nous y préparer. Pourtant les flics ne nous délogèrent pas ce jour là.

La dernière semaine avant les vacances de Noël, le mouvement commençait à s’estomper, autant en ville qu’à la fac, beaucoup moins de monde se rassemblait lors des manifestations contre les violences policières dans le centre-ville le samedi après-midi et de moins en moins de personnes étaient présentes lors des comités de mobilisation. La fatigue nous gagnait toutes et tous et les vacances annonçaient une trêve.


Mardi 23 décembre:

certaines personnes avaient décidé de continuer à occuper la fac.

Ce jour là vers huit heures du matin, ils étaient une quinzaine et c’est environ 150 policiers qui sont intervenus (CRS et des hommes du GIPN), le rapport de force n’était pas en notre faveur loin s’en faut, et l’expulsion se déroula en moins d’une demi heure sans débordement.


Conclusion

Étant à soixante kilomètres de la ZAD du Testet et fortement touchée par la privatisation, Le Mirail était la fac où devait débuter le mouvement. Malheureusement les autres facultés, sans doute pour plusieurs raisons, n’ont pas suivi. On pourra par exemple retenir le cas d l’université Rennes 2, où une assemblée générale qui devait avoir lieu le 11 novembre a été empêchée au dernier moment par la fermeture de la fac toute entière.

A la répression que nous avons subis, s’est ajoutée l’image négative que colportait Minovez et ses moutons. D’après lui, les étudiants se faisaient « manipuler par des gens de la mouvance anarchiste » tandis que dans la plupart des médias on ne parlait seulement que d’une « cinquantaine de zadistes » qui « squattaient » la fac.

Nos revendications étaient décrédibilisées puisqu’elles débordaient d’une simple contestation universitaire pour dénoncer les violences policières.

Mais que signifie la dénonciation de ces violences? Il ne s’agit pas seulement de dénoncer la mort d’un jeune étudiant toulousain, mais également de soutenir et de parler de ceux qui la subissent quotidiennement dans les quartiers par des contrôles d’identités et des gardes à vues sans motifs. Et de ne pas oublier ceux qui sont tués d’une balle dans le dos lors d’une interpellation ou étouffés dans un fourgon de police dans le silence le plus total. On ne pense pas qu’à Rémi Fraisse mais également à Amine Bentounsi, Timothée Lake, Wissam El Yamni, Nabil Mabtoul, Zyed et Bouna et tant d’autres…

Les violences policières servent également à casser les mouvements sociaux en empêchant notamment de manifester par l’utilisation du gaz lacrymogène, des flashball, des grenades, des coups de matraques. Tout cela dans un pays où la liberté d’expression paraît si importante.

Nous ne devons plus accepter que des hommes se fassent assassiner ou mutiler par la police. Les laisser agir c’est accepter leur monde, celui de ceux qui gouvernent. Contre cela, la fac doit rester un lieu ouvert à toutes et à tous, un lieu de savoir et de communication où des luttes sociales peuvent émerger et prendre de l’ampleur afin de montrer notre détermination à résister et à se reconstruire.

Lucie B.

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