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Là où il y avait une ZAD. | L'Agence des Copains

Là où il y avait une ZAD.

Les médias l’annonçaient, les agriculteurs (FNSEA, JA, etc.) l’attendaient, l’Etat l’a fait : vendredi 6 mars 2015, en début d’après-midi, les derniers zadistes sont expulsés de Sivens.

J’arrive au Testet côté agriculteur, où s’organise un barbecue. Pour l’occasion, ambiance détente, et attente de la décision du Conseil Général du Tarn (et de son cher président, M. Carcenac). Ils m’expliquent qu’ils en ont marre, qu’ils sont ici chez eux, que ce sont des felluts (par opposition au pelluts), que tout ces jeunes puants, parfois même étrangers, doivent dégager ; ils pillent les fermes, pourrissent le terrain, paraitrait que y’en a même un qui revient du jihad (prononcez giyâde) m’explique un papy. Les gendarmes bloquent les accès à la ZAD, mes demandes de passage se soldent toutes par la même réponse : «vous avez une carte de presse ?». Pas vraiment, non. Vers 11h, l’un des portes-paroles des agriculteurs annonce le maintien du projet de barrage : applaudissements, rires, même si certains se désolent que le nouveau projet soit plus petit que l’original. Ils décident ensuite de se retirer dans un village environnant, prendre l’apéro pour fêter ça.

Après une bonne demi-heure de marche à travers les bois et les ronces, j’arrive enfin sur le site, côté Gazad, là où R. Fraisse est tombé, le 26 octobre dernier. Une petite trentaine de zadistes sont assis, bien encadrés qu’ils sont par une cinquantaine de journalistes, et quelques centaines de gendarmes. Sur un mirador fait-maison, quatre d’entre eux sont perchés, et invectivent tant les braves pandores que leurs camarades au sol. Sous un soleil radieux, on attend. Tout le monde attend. Les gendarmes, bien en rang, attendent les ordres; les zadistes, assis dans la boue attendent la fin; et nous, avec nos appareils-photos, nos caméras, nos micros, nos bloc-notes, on attend le début du spectacle. C’est long, c’est pesant. On regarde les pauvres diables, fatigués, à bout de nerfs, qui s’embrassent à grand renforts d’accolades, se souhaitant bonne chance: «on se revoit sur les ZAD», «à tout à l’heure en gardav’», etc. L’un d’eux m’annonce qu’il est persuadé de prendre 6 mois fermes. Il a 18 ans. Au loin, une épaisse fumée noire s’élève dans le ciel. Ça vient de la Métairie Neuve, à l’autre bout de la ZAD. On se demande ce qui brûle. A leur habitude, les gendarmes ne savent rien.

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Au bout d’un moment, les zadistes apprennent l’arrivée de leurs copains restés à la Métairie. Ils arrivent en charmante compagnie : outre la petite centaine de GM, ils ont le privilège d’être escortés par le directeur-de-cabinet-du-préfet-du-Tarn, élégamment vêtu d’un costard italien, augmenté d’un joli gilet pare-balle bleu-ciel, astucieusement assorti à sa chemise. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est peut-être la première fois qu’il trempe ses chaussures dans la boue. Avec lui y’a aussi un huissier, avec une dégaine d’étudiant lambda, chargé de notifier l’expulsion aux occupants. Tout se passera dans le respect religieux de la sacro-sainte Procédure. Les gendarmes, jusque là plantés à flanc de colline, resserrent l’étau autour du petit groupe de militants, jusqu’à arriver à une densité d’au moins 20 journalistes au mètre-carré. Puis l’expulsion commence. Ça tire, ça gueule, ça résiste un peu. C’est un peu confus, tout le monde se marche sur les pieds, on ne voit pas grand chose, et d’ailleurs, ça ne dure pas très longtemps. Certains occupants repartent avec des menottes, d’autres sont juste escortés dans les paniers à salade. Les bottes des gendarmes et des journalistes lacèrent la boue, les chiens aboient, la ZAD se vide et le calme retombe. Seuls les bêlements pathétiques d’un chevreau fendent le silence forcé qui règne à présent à Sivens.

Quand il a fallu faire descendre les quatre énergumènes de leur mirador, ça a été comme au théâtre, tout le monde à sa place et en silence, s’il-vous-plaît; les objectifs braqués sur le sommet de la tourelle, ou au pied de la structure où un gendarme en baudrier prépare son ascension. Un de ses collègues approche, et fait les présentations : «Ce monsieur va monter vous secourir (rires narquois au sommet de la tour) si vous faites quoi que ce soit qui pourrait le mettre en danger cet autre monsieur (il désigne un robocop armé d’un LBD) va vous tirer dessus à l’aide d’une arme sub-létale (rires narquois…)». La montée commence. Un Camille s’évertue à nous faire comprendre, gendarmes et journalistes en tout genre, que nous sommes tous dans le même panier. Il fredonne la Semaine Sanglante tandis que ses copains préfèrent descendre d’eux même. En bas, un gradé assure qu’aucune poursuite ne sera retenue contre eux. Sur le mirador, on se demande si la gentillesse des gendarmes est due à la présence massive de caméras. Quand le dernier d’entre eux a été emmené, j’ai compris que c’était fini. Les nouveaux occupants de Sivens sont fonctionnaires. Sur le chemin du retour, j’assiste au début du nettoyage, des cabanes tombent, et devant la Métairie y a un grand lit de braise. Le dispositif de la gendarmerie est impressionnant, c’est une vraie démonstration de force, j’entends même raconter qu’un général-deux-étoiles serait sur place.

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Dans une boulangerie, à Gaillac, l’employée me demande : «Ça y est, c’est fini, ils sont partis ? On va enfin pouvoir retrouver notre forêt ?». Comment te dire ?..

Place de la libération, une cinquantaine de personnes font le bilan et tentent d’organiser une AG. Une quinzaine d’arrestations, certains occupants délogés arrivent de St-Sulpice, les autres expliquent qu’ils ont été raccompagnés à l’entrée de la ZAD, sans même qu’on leur demande leurs noms. «On lâche rien», la seule décision claire de l’AG.

Pendant ce temps là à Toulouse, à Rennes, à Vanne, des actions sont menées contre les locaux de la FNSEA.

B. Hakenholz, pour l’Agence des Copains

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