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En attendant le 21 février… | L'Agence des Copains

En attendant le 21 février…

Samedi 21 février, des manifestations nationales contre la répression sont organisées à Nantes et à Toulouse, l’occasion pour nous de revenir sur la dernière grande manifestation en date à Toulouse, le 22 novembre 2014. A cause de problèmes techniques nous n’avions pas pu publier cet article au moment de son écriture. Trois mois plus tard, voilà qui est finalement fait.

Ambiance sonore: à écouter pendant votre lecture.

Samedi 22 novembre, une bonne partie de l’Agence des Copains était présente lors d’une nouvelle manifestation à Toulouse, suite à l’appel pour « reprendre la rue » lancé par les zadistes de Notre-Dame des Landes, élargi à toute la France, notamment contre les violences policières et la répression.
Dans notre groupe, on se sent tous de plus en plus concernés, et on entraîne les copains petit à petit.

Une première manifestation, légale, lancée par les partis de gauche (EELV, PCF, PG et NPA) est prévue à 11h du matin. Quelques centaines de personnes défilent dans le calme, et comme d’habitude pas grand chose ne se passe.

Arrivée de la manifestation place St-Etienne

Arrivée de la manifestation place St-Etienne

Pour 15h en revanche, c’est un cortège non autorisé qui partira d’Esquirol.
Les riverains commencent à être habitués, cela fait maintenant plusieurs semaines que chaque samedi, on remet le couvert. Les commerçants des quartiers concernés sont assez agacés : ils doivent souvent fermer une partie de l’après-midi, lorsque les échauffourées battent leur plein.
Assis à la terrasse d’un café quelques heures avant les événements, j’ai entendu plusieurs discours pas vraiment convaincants : « c’est le pays de la loose », « les jeunes sont désœuvrés en semaine puis se défoulent le week-end », « ils savent plus quoi inventer pour foutre le bordel »… On se croirait presque dans un sketch des Inconnus.

Pour ma part, je réfléchis au fait que l’immersion dans des événements comme ceux-là, c’est aussi et surtout lutter contre le traitement médiatique qui est réalisé ensuite par la majorité des relais dominants.
Cette fois-ci, l’Agence des copains aura trois photographes (Benoît, Unai et Valentine), sans compter Théo qui a pris son micro enregistreur.

Plus on est, mieux c’est, surtout lorsqu’on se penche sur les titres du lendemain, dont voici quelques exemples :

gros titre de ladepeche.fr : « Manifestations à Toulouse : 8 interpellations, arrêt des réseaux de transports, feux de poubelles, vitres brisées… »
« dans l’après-midi, entre 400 et un millier de manifestants ont participé à un rassemblement non autorisé » (source : lemonde.fr)
l’indépendant.fr titrait quant à lui : « Manifestation non autorisée à Toulouse : 400 participants et quelques incidents »

Soit ces chiffres sont sciemment sous-estimés (photos à l’appui, nous étions à l’évidence bien plus d’un millier), soit ils alimentent avec mauvaise foi les seuls caractères violents et illégaux de la manifestation, dans le but de la desservir. Quelques lignes seulement sur la majorité de personnes pacifistes qui l’ont composée et tentaient souvent de contenir tout débordement, de la part du Black-bloc ou de certains types visiblement éméchés.
Et bien, voici les chiffres de l’Agence des Copains : pour les plus optimistes d’entre nous, la manifestation avait atteint 2500 personnes, et pour les plus sceptiques elle en aurait déjà regroupé environ 1500. Le Pont-Neuf et les deux allées qui le prolongent de part et d’autre étaient noirs de monde.

On commence maintenant à tous avoir une idée du déroulement des opérations, et on sait pertinemment que la manifestation va se dérouler en deux parties : le défilé, puis le point de rupture de la tension, entraînant les poursuites et les violences.
Mais peu importe que l’on se revendique non-violent ou que l’on ressente l’envie d’en découdre : l’heure est avant tout à reprendre notre droit de manifester contre des politiques iniques et sourdes, qui nous est depuis longtemps dans ce pays comme dans d’autres refusé lorsqu’on dépasse les limites légales imposées.

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« Vous participez à une manifestation interdite. »

Dès le rassemblement à Esquirol, à entendre les sommations émanant du cordon de CRS campé devant les habituels camions-grille, appuyés cette fois-ci par un canon à eau (!), il faudrait se disperser car nous ne bénéficions pas d’un arrêté préfectoral nous autorisant à exprimer notre mécontentement, et sommes ainsi dans l’illégalité. Autoriser le droit d’être en colère, en voilà une sinistre blague démocratique.
Et si, comme aujourd’hui, on ose prendre librement ce droit et manifester de notre propre chef, même sans violence, cela leur suffit à légitimer l’usage de la force.22112014-IMG_066122112014-IMG_0653
Les clowns viennent comme à leur habitude égayer une atmosphère relativement lourde : ils rallient la masse à force de chants, de jeux participatifs, slogans ironiques ou comportements de pitres… tout est bon pour montrer au déploiement de force qui nous est imposé notre volonté pacifique de joie, d’échanges et de partage face à l’unilatéralisme.

Après deux sommations au mégaphone, la manifestation fait demi-tour et s’engage vers le Pont-Neuf. La marche est belle ; sereine et puissante, et les cordons de gendarmes ne font pour l’instant que bloquer certaines routes perpendiculaires.22112014-IMG_0620

La BAC se met en place aux abords du Pont-Neuf

La BAC se met en place aux abords du Pont-Neuf

Les « enculé(e)s » (sic) se sont joints au mouvement. Les gays, lesbiennes, bi et trans’ distribuent des tracts dans lesquels ils expliquent leur mécontentement face aux insultes qu’on peut lancer aux flics habituellement, dont « enculés » fait largement partie : « C’est une pratique sexuelle, pas une injure ! Les enculé(e)s détestent aussi la police ! ».
Ils sont assez marrants, et on les entend bien au milieu du cortège.
Beaucoup de gens filment et prennent des photos ; cela conforte dans l’idée que pour s’informer au mieux sur ce genre d’événement, rien ne vaut les images « amatrices » prises dans le feu de l’action. La majorité des médias de masse se contente de filmer quelques images de la manifestation puis beaucoup de casse, avant d’y accoler le même discours pré-construit.

Les passants réagissent de façons diverses : ils apportent soit un soutien approbateur, soit une colère teintée d’incompréhension… Le verrouillage du dialogue social au sein de ce pays est efficace et c’est particulièrement dans des moments comme ceux-ci qu’on se rend compte qu’ils ont somme toute réussi à « diviser pour mieux régner ».
Pour l’heure, la tête de la manifestation tente d’échapper aux barrages installés sur le moment par les forces armées aidées de l’hélicoptère qui survole la foule depuis le début de l’après-midi. Par endroits, le cordon de gendarmerie mobile est trop mince pour contenir l’afflux des manifestants, et il suffit de quelques « Dégagez ! Dégagez ! », pour qu’il s’ouvre et nous laisse continuer.
Jusqu’au quartier de Saint-Cyprien, où la tension éclate lorsque la première lacrymo est lancée par un gendarme mobile. Il en pleut immédiatement quatre ou cinq autres à la suite et le bras de fer s’enclenche.

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Passées les minutes à s’arroser les yeux de sérum physiologique et à appliquer du citron sur nos écharpes, certains pleurant et crachant pendant un long moment sous l’effet des gaz, la manifestation se regroupe et repart dans les rues toulousaines. Le rapport de force, une fois de plus lancé par la police, a dissuadé une partie de la foule mais il reste toujours plusieurs centaines de manifestants, dont les membres des indéboulonnables Black-blocs. Sur le passage du cortège, une partie de ces derniers s’applique à briser les vitres des abribus, celles des panneaux publicitaires et comme d’habitude, des distributeurs de billets de banque.
Il est intéressant à ce stade de constater qu’ils sont loin de faire l’unanimité par leurs pratiques, et plusieurs manifestants les invectivent même copieusement. Des échanges plus ou moins virulents émaillent le cortège.
« Nous sommes tous des casseurs ! » commencent à scander plusieurs Black-bloc, pour qui la violence est un juste retour des choses après le meurtre d’un camarade, réclamant notamment justice pour Rémi Fraisse mais également pour Timothée Lake, tué par un policier à Toulouse le 17 octobre dernier.
Un manifestant lance alors un autre slogan pour « parer » à ce dernier : « Unité ! Unité ! Unité ! » ralliant déjà plus de monde. En marge de la manif, une membre du black-bloc m’a d’ailleurs interpellé alors que je scandais ces mots : « Arrêtez avec vos slogans de fafs ! ». J’ai pas très bien compris sur le coup…
En tous les cas, cet après-midi, les lacrymos ont plu. Tirs en cloche, semi-tendus, grenades assourdissantes… et toujours les barricades montées en toute hâte pour empêcher les charges sur le gros de la manifestation.
Le harcèlement s’est poursuivi jusqu’à vider le cortège de la majorité de ses membres et une petite centaine de manifestants s’est retrouvée coincée par un dispositif désormais incroyablement démesuré (les voitures de la BAC, camions de CRS et véhicules de la gendarmerie mobile se comptent par dizaines). Benoît, le seul du groupe qui a tenu a rester dans le feu de l’action à ce stade pour continuer à prendre des photos (tout ce que les copains font pas pour vous, tout de même), nous a raconté une scène assez incroyable. Une dizaine de manifestants chassés par une charge de la BAC se sont réfugiés dans un immeuble, dont les habitants ont refusé d’ouvrir les portes aux poursuivants par solidarité. Ces derniers se sont alors mis à sonner aux interphones, enjoignant les riverains à leur ouvrir sous peine que ces individus « mettent le feu à l’immeuble »…
Difficile à croire ? Je préfère pour ma part une parole de témoin à celle de n’importe quel porte-parole du biaisement médiatique.

Alors si on fait le bilan… Oui, certains jeunes veulent simplement en découdre avec les flics. Oui, les black-blocs poursuivent leurs techniques de guerilla urbaine pour venger leurs camarades et amis ou pour rétablir une certaine justice sociale… Mais le gros des manifestants suit précisément pour protester, tout en restant non-violents et solidaires les uns des autres. Et ça, évidemment, ce n’est pas mentionné.
Le seul article original et de bonne foi que j’ai pu trouver en ligne, le voici :
http://www.pressenza.com/fr/2014/11/toulouse-des-jeunes-desamorcent-les-violences-policieres/
Je le conseille vivement car il permet de remettre les quelques actes violents en perspective.

Une fois de plus, nous étions nombreux ce jour là pour marteler le fait qu’il ne s’agit pas uniquement des forces de l’ordre dépassées par des manifestants belliqueux, qui justifieraient par leurs actes l’emploi de la force. Et puisque certains détracteurs, les mêmes qui outrepassent constamment leurs droits, affirment qu’on manque de valeurs républicaines, il faut leur rappeler que cet événement, comme ceux des semaines précédentes et de celles à venir, est une des dernières façons de proclamer nos libertés, notre égalité et notre fraternité avant tout, dans des rues qui nous appartiennent.

M. Giraud, pour l’Agence des Copains

Photo: U. Aranceta

Son: T. Geoffroy

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