Warning: mysql_real_escape_string(): No such file or directory in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1191

Warning: mysql_real_escape_string(): A link to the server could not be established in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1191

Warning: mysql_real_escape_string(): No such file or directory in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1194

Warning: mysql_real_escape_string(): A link to the server could not be established in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1194

Warning: mysql_real_escape_string(): No such file or directory in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1197

Warning: mysql_real_escape_string(): A link to the server could not be established in /data/web/3/d/agencedescopains.toile-libre.org/htdocs/wp-content/plugins/statpress/statpress.php on line 1197
Center ZAD | L'Agence des Copains

Center ZAD

Alors que le mouvement zadiste français a subi un revers assez considérable avec l’expulsion, le 6 mars dernier, de la ZAD du Testet dans le Tarn, d’autres luttes plus discrètes continuent à s’organiser.
Dans la forêt des Chambaran, à quelques kilomètres de la commune iséroise de Roybon (1300 habitants), c’est contre un projet de Center Parcs que de nombreuses personnes se sont mobilisées. Le « village de vacances », dont la construction doit être assurée par la société Pierre et Vacances (propriétaire de la marque Center Parcs), a vocation à couvrir une superficie de 203 hectares, dont environ 120 situés en zone humide, et d’accueillir jusqu’à 5000 personnes réparties dans 1000 cottages.

Depuis l’apparition et la montée en puissance des ZAD un peu partout en France, le sujet a souvent été commenté. Qui sont les occupants? Quelles sont leurs intentions? Leurs moyens? Pour autant, ce commentaire a souvent tendance à occulter les premiers concernés et, s’il n’est pas rare de parler des zadistes, on a beaucoup moins souvent l’occasion d’entendre parler les zadistes. Les 7, 8 et 9 février derniers était organisée à la ZAD de Roybon la session (et pas festival!) Open Barrikad, conçue comme un rassemblement/chantier collectif de cabanes et barricades.

aff_openbarrikadCamille Robert s’y est rendu pour DOC du Réel, et nous en a ramené un très beau reportage qui donne, une fois n’est pas coutume, la parole aux zadistes sans les caricaturer. Un bon moment à passer avec les nouveaux guerriers de la nature: Center ZAD.

A la suite du documentaire, l’Agence des Copains se propose de revenir sur le projet en lui-même et sur les raisons de sa contestation.


Plusieurs problèmes écologiques sont soulevés par les opposants.

La PCSCP (Pour les Chambaran Sans Center Parcs), principale association de riverains opposés au projet, met en avant le fait que la zone du bois des Avenières où le chantier va avoir lieu est située en tête de deux bassins versants. Par leur situation et grâce à la configuration géologique particulière du terrain, les sols régulent les écoulements tant en période de fortes précipitations que de sécheresse. La zone humide agit ici comme une « éponge », tantôt retenant dans son sol les pluies qui autrement pourraient gonfler les rivières en fin de bassin (l’Herbasse et la Galaure) jusqu’à des épisodes de crues exceptionnelles et, inversement, se vidant progressivement de ses réserves en eau durant les périodes caniculaires afin de soutenir le débit. Même partiel, l’impact du déboisement et par conséquent du « lissage » de la zone, sur l’équilibre écologique des bassins versants semble donc être un argument de poids en faveur des opposants à la construction du Center Parcs.

On sait également que la consommation en eau du Center Parcs se porterait à 1200m3/jour pour une population estimée à 5000 habitants, soit la consommation en eau d’une ville de 8000 personnes. Ici aussi, l’impact hydrologique est considérable, d’autant que l’accès à l’eau des bassins versants fait l’objet de restrictions, étant déjà fortement employé par les agriculteurs locaux.

Enfin, l’implantation d’un tel projet touristique risquerait d’avoir des conséquences potentiellement désastreuses sur la faune locale. Les espèces des zones humides sont protégées au niveau national précisément à cause de la raréfaction de leur lieu d’habitat. Ici, bien que le Center Parcs n’ait pas vocation à s’étendre sur toute la zone humide, l’espace de plus de 200 hectares qu’il occupera ne manquera pas de retrancher aux espèces locales une partie de leur territoire ni de bloquer certains corridors biologiques.


La question du financement du projet est elle aussi soumise à un important questionnement.

Le coût total du projet est porté à 387 millions d’euros, dont 37,5 millions de subventions des différentes collectivités locales (Commune de Roybon, Communauté de Communes du Pays de Chambaran, Conseil Général de l’Isère, Conseil régional Rhônes-Alpes, Syndicat des eaux de la Galaure).

La société Pierre et Vacances joue également, au travers d’un montage financier, sur deux lois fiscales particulièrement intéressantes pour diminuer les coûts. En premier lieu, la loi Censi-Bouvard permet dans le cas d’un achat d’immobilier neuf et meublé une exonération d’impôt sur le revenu pendant 9 ans à hauteur de 11% du prix d’achat. En clair, la société Pierre et Vacances construit un millier de cottages qu’elle vend ensuite à des particuliers tout en gardant pour mission de louer et d’entretenir les biens. Les loyers sont ensuite reversés aux nouveaux propriétaires qui bénéficient en outre de l’abattement fiscal (ici, environ 27 000€ pour des logements estimés à 250 000€). Un bel exemple de spéculation immobilière facilitée par la loi ; prix à payer par la collectivité : 27 millions d’euros (27 000€ x 1000 cottages).

Le second abattement concerne cette fois directement Pierre et Vacances, comme constructeur. La loi Demessine permet à un promoteur immobilier touristique de bénéficier de considérables avantages fiscaux (suppression de la TVA…) à la condition que son investissement soit situé en ZRR (Zone de Revitalisation Rurale, qualification attribuée aux territoires à très faible densité de population et dont la démographie est en baisse), comme c’est le cas à Roybon. Ainsi, pour la construction du Center Parcs, Pierre et Vacances économise 49 millions d’euros (1000 cottages x 250 000€ x 19,6%).

En additionnant subventions directes et abattements fiscaux, on parvient finalement à la somme de 114 millions d’euros investis dans le projet par la collectivité, soit près d’un tiers de l’investissement global.

A cette aide publique directe vient s’ajouter un prix d’achat du terrain nettement inférieur à la moyenne locale. Les 200 hectares dévolus au futur Center Parcs ont été achetés au prix dérisoire de 0,30€/m² pour un prix moyen de 18€/m² sur le territoire de Roybon. Cette disproportion manifeste s’explique notamment par la mise en concurrence des collectivités locales pratiquée par la société Pierre et Vacances ; l’objectif pour la multinationale étant de trouver les meilleurs propositions financières dans un secteur donné. Ici le choix a par exemple été porté sur l’Isère plutôt que sur la Drôme en raison d’une meilleure offre de subvention du conseil Général de l’Isère (15 millions d’euros contre 5 millions pour la Drôme). Le raisonnement est valable à l’échelon inférieure, où il appartient aux communes de faire la meilleure offre sur la vente de leurs terrains.

cp contours2

En rouge, l’espace réservé au projet de Center Parcs.


Alors, pourquoi la classe politique locale joue-t-elle le jeu de cette course à la meilleure proposition ? Quel intérêt pour les locaux ?

La première réponse, à destination des habitants pour qui le chômage est la première préoccupation, consiste en une promesse de création d’emploi comme retour d’investissement. 1500 emplois sont promis sur la période de construction (deux ans), puis 700 en phase de fonctionnement. Un bémol : près de la moitié de ces dernières promesses d’embauches consisteront en des contrats de moins de 12 heures par semaine pour moins de 400 euros par mois, c’est-à-dire des travailleurs précaires qui devront pour certains trouver un complément de revenu dans un RSA. La société Pierre et Vacances n’assumerait donc pas totalement le paiement de ses employés, qui devront certainement voir leur salaire complété par l’Etat. La facture s’alourdit d’autant plus pour le contribuable.

Un rapide calcul nous montre qu’en suivant cette logique, qui consiste à « acheter de l’emploi », les 468 nouveaux postes « équivalent temps plein » coûtent chacun plus de 240 000€ à l’Etat, soit l’équivalent de plus de dix ans de salaire par poste.

Les emplois créés ne peuvent donc en aucun cas justifier à eux seuls l’énormité de la participation publique.

La réponse à l’engouement des pouvoirs publics locaux est sans doute à trouver du côté de leur propre fiscalité. Roybon est une des communes les plus endettées de France et la présence du Center Parcs permettrait à la municipalité de bénéficier d’importantes rentrées d’argent et d’assainir ses finances. L’addition de la CET (Contribution Économique Territoriale), de la taxe de séjour et de la taxe foncière rapporterait près de 3 millions d’euros par an, dont la moitié environ entrerait directement dans les caisses de la municipalité. On comprend mieux l’engouement de la quasi unanimité de la classe politique locale (hors conseillers généraux FDG et EELV), visiblement plus favorable à l’augmentation de ses budgets qu’à la défense de son patrimoine et de ses habitants – car il ne faudrait pas oublier la dépossession que la vente d’un espace public pour un entreprise privée implique -, allant même jusqu’à avaliser un permis de construire malgré l’avis défavorable de l’enquête publique menée en juillet 2014.


Mais les riverains sont loin d’être aussi unanimement enthousiastes. Le projet s’est vu contesté dès 2010 par la création de l’association PCSCP – qui compte aujourd’hui environ 600 adhérents – et par le combat juridique qu’elle a su mener depuis lors, véritable souffle pour permettre à une lutte concrète de se mettre en place sur le terrain. Ce n’est en effet que depuis le 30 novembre 2014 que la zone est occupée jour et nuit et que la ZAD s’est mise en place. Pour autant, sa récence ne semble rien lui enlever de sa détermination, malgré les différentes intimidations ou attaques de certains riverains hostiles.

Camille Robert et Unai Aranceta, pour DOC du Réel et l’Agence des Copains.

Sources (pour aller plus loin):

 

Leave a reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>